SULTAN Frédéric, « Négocier des communs urbains », Cahier de propositions en contexte municipal, 2019 • Article
Description
« L’Italie a été le pays précurseur dans la mise en place de mécanismes de co-administration des ressources et de reconnaissance des communs urbains. Des règlements inspirés de l’initiative Bologne, mise en forme par l’association LABSUS, ont été progressivement adopté par de nombreuses villes avec souvent des adaptations aux besoins locaux. Certains règlements comme celui de Chieri (près de Turin) se distinguent en proposant d’ajouter à l’entretien des biens communs la notion de “participation au gouvernement”. Ce texte défend un rapport plus égalitaire entre institutions et citoyens qu’il désigne sous les termes de «subjectivité autonome» ou de «collectivité civique» en remplacement de « citoyen actif ». Il donne aux biens communs urbains le sens défini par la Commission Rodotà et fait explicitement référence aux droits fondamentaux. Un des éléments les plus marquants dans la charte de Chieri est l’introduction de normes réglementant l’auto-organisation des communautés qui s’inspirent explicitement des assemblées d’espaces occupés et en particulier du Théâtre Valle (Rome) et de l’Ex-Asilo Filangieri (Naples). Ces nouvelles normes juridiques créent un espace d’autonomie institutionnelle pour les habitants qui n’excluent pas l’action collective impulsée par l’autorité publique ».