La permanence comme école alternative d’architecture • Chloé Bodart
Chloé Bodart est architecte. Elle s’est notamment formée au sein de l’agence Construire, aux côtés de Patrick Bouchain et de Loïc Julienne. Un de ses chantiers formateurs a été, en 2013, le Point Haut à St-Pierre-des-Corps, cet ancien entrepôt le long des voies ferrés reconverti en équipement dédié à la création artistique contemporaine. Permanence d’un architecte sur le site, ouverture du chantier au public, implication des usagerEs, émulation avec les ouvrierEs, ici s’est expérimentée grandeur nature une programmation artistique de chantier. Désormais à la tête de sa propre agence, Compagnie architecture à Bordeaux, aux cotés de Julien Eymard, cette manière expérimentale de faire de l’architecture innerve toute sa pratique. Au point même que le chantier du Point Haut, vieux de près d’une décennie, ricoche sur le dernier projet que l’agence a livré : une école maternelle et primaire à Bruges, près de Bordeaux. La cité de chantier en bois de ce projet a été fabriquée avec le rebut de Point Haut. La boucle pourrait être bouclée, et pourtant il faut encore batailler pour que cette démarche de la permanence architecturale et du chantier ouvert convainquent les commanditaires publics et les entreprises. C’est ce que nous raconte ici Chloé Bodart.
Que représente la permanence dans son travail d’architecte ? Peut-on dire qu’elle est, pour celui ou celle qui la pratique, une école alternative d’architecture, une école du terrain ? Comment permet-elle de retourner la commande ? Comment peut-elle s’imposer dans la commande publique ?